Collection

J'ai débuté le skate en 1995 et je le pratique toujours, tous les jours pour me déplacer. Mes vraies sessions skate sont un peu plus rare mais je reste énormément impliqué et actif sur l'actualité. Je suis présent lors des conventions et je suis les étapes des compétitions. Je fais également des expos itinérantes de ma collection.
Plus de vingt ans de passion et pas un seul relâchement !

Étant passionné et de caractère très conservateur, au fils du temps, j'ai accumulé beaucoup de choses en rapport au skateboard. Petit à petit une collection est née: aujourd'hui, ma collection se compose de près de 600 skateboards divers et variés allant des années 60 à notre génération actuelle. Il s'agit principalement de skates vintages et de séries limitées. A celle-ci s’ajoute des œuvres graphiques uniques ou de copies numérotées qui ont été réalisées par différents artistes connus dans le milieu du skateboard, Sean Cliver, Marc McKee, Todd Bratrud, Chad Eaton, Nils, PitchGrim... . Certaines de ces œuvres ont même été produites exclusivement pour moi. J'ai aussi eu la chance à plusieurs reprises de rencontrer des skateurs professionnels, star ou même légende, qui m'ont dédicacé leur pro-modèle de board pour ma collection (Tony Hawk, Rodney Mullen, Dawong Song, Lance Mountaine, Christian Hosoi, Steve Caballero, Eric Dressen, Tom Penny, Steve Williams, Chet Childress, Chris Haslam…).
En parallèle, je possède aussi une collection de plus de 1000 magazines spécialisés sur le skateboard et toutes ses périodes traversées. Ces archives papier prennent beaucoup de place et sont très lourde mais elles sont très importante à mes yeux. La presse spécialisée se fait de plus en plus rare, remplacée par les blogs et pages internet. Cependant, sur le web, on trouve peu de récits historiques sur le skate. Cette bibliothèque d'archives que je possède est une vraie source d'information sur les débuts du skate, ainsi que sur toute son évolution au fils des années. Quant aux magazines les plus récents, ce sont de futurs souvenirs pour nos descendants.

Pour ceux qui ne le savent pas, il y a eu plusieurs types de production de skateboard en ses débuts: fabrication bois, fibreflex et plastique lors du grand "boom" au milieu des années 70.
Pour ma part, je ne collectionne pas les skateboards en plastique parce que je n'aime pas l'esthétique de l'objet et parce que ça ne vaut rien ! La plupart sont des jouets fabriqués et vendus pour et par les enseignes de grande distribution (magasins de jouets, grandes surfaces…). Ce sont des produits très vite favorisés par les fabricants car ils sont bien moins coûteux à la fabrication et cela est plus rentable à la chaîne de production. Distribués en masse, les skates en plastique ont survécu et ils ont traversé toutes les générations au fils du temps. On en trouve encore énormément en vente et revente. Des deadstocks sont encore existants et disponibles suite à l'arrêt du grand « boom », ce qui fait de lui un objet non rare !
En ce qui concerne les skateboards en bois (toujours d’actualité), ils ont mal vieilli avec le temps et avec les chocs pris. Il s'avère que le bois d’époque s’use assez rapidement, les skates ont donc tendance à être abandonné ou jeté, faisant d’eux des objets qui sont devenus rares à trouver de nos jours. Ils prennent de la valeur et ont une réelle côte auprès des collectionneurs, mais attention, seulement certaines marques cultes, pas toutes ! (RollerDerby, Nash, SideWalk, Hobie, Makaha... )

Personnellement, ma collection est essentiellement constituée de skates en bois, et uniquement de marques cultes. Certains d'entre eux font même partie intégrante de l'histoire et du développement du skateboard, de la pratique en elle-même mais également d'un mouvement social, d’un mode de vie nouveaux ou les jeunes s'identifient à travers ces marques porteur de slogan et de graphisme agressif, parfois même provocateur montrant le contre pied de la société américaine. (voir livre dédié : Agents Provocateurs par Seb Carayol).
Certains logos de marque sont même devenus des symboles incontournables et ils font partie encore de nos jours des plus visibles et également des plus détournés, parodiés et copiés. (Exemple de la screaming hands de Santa Cruz dessiné par Jim Phillips).
La valeur marchande de ces skateboards est notamment du au graphisme, au travail de sérigraphie, couleur par couleur, réalisé sur le bois manuellement, board par board, mais également aux réalisations côtées d'illustrateurs connus et reconnus dans le milieu artistique. (exemple Jim Phillips, Sean Cliver, Mark McKee…). Les décorations actuelles de board ne sont plus produites en sérigraphie mais par l'utilisation de papier transfert autocollant, thermocollé.
Certaines planches de skate son des signatures, des pro-modèles. Un pro-model est une planche portant le nom d'un rider professionnel. Certains de ces riders sont même devenus "des légendaires" connu du monde et même par les novices, comme Tony Hawk (porteur du jeux vidéo) Steve Caballero, Christian Hosoi, Tony Alva, Jay Adams, Natas Kaupas, Mark Gonzales...
Tous ces professionnels on la côte auprès des collectionneurs, selon l'état de conservation de la planche (si encore sous plastique ou pas) et l'année de production les prix peuvent monter très haut.

Il y quelques années en arrière les sociétés de skateboard ont bien comprises qu'il y avait du business à se faire avec l'inflammation de tout ces collectionneurs. Beaucoup n'ont pas les moyens de s'offrir des boards originales aux enchères.
Du coup, les marques réédites certaines de leurs bestsellers, les illustrations d'époque qui ont plu et marqué ; pour la joie des collectionneurs et des nostalgiques, mais aussi des novices. Elles créèrent un buzz et une demande autour de ceux-ci.
Il existe plusieurs types de réédition et certaines peuvent être plus collector que d'autres. Certaines rééditions sont fabriquées en sérigraphie comme à l'époque et ça c'est très bien, d'autre avec les nouvelles techniques de production mais ça n'a plus aucun charme !
Il existe des séries limitées et des séries numérotées, la différence est très importante. Certaines marques réédites donc des boards, parfois ce sont même des pré-ventes, comme ça les fabricants fabriquent pile le nombre demandé, si cette demande est grossière ça sera une série limitée mais non numérotée. Impossible de définir combien il en existera sur le marché des collectionneurs.
Pour les collectionneurs puristes (comme moi) ces rééditions sont les bêtes noires. Parfois, elles arrivent même à casser la cote des originales ! Mais c'est surtout qu'elles ne sont pas collector puisqu'elles sont fabriquées comme telle "réedition" ça ne peut pas rimer avec collector.
98% d'entre elles seront stockées chez des collectionneurs, elles finiront par être revendu il y aura forcement de la disponibilité tôt ou tard. Il est plus judicieux d'acheter des rééditions numérotées et à très petite quantité, qui ne dépasse les 100 exemplaires par exemple pour être sur d'avoir un objet plus ou moins rare.
Les productions numérotées sont donc plus intéressantes mais les ventes se terminent très vite, en quelques minutes par un épuisement total des stocks.
Comme il y en a pas pour tout le monde, il y a toujours des petits malins qui seront là pour les revendre aussitôt derrière avec une plus value pouvant doubler le prix d'achat du départ.
Afin d'être à l'affut des nouvelles annonces et d’être le premier dessus, j'ai créé plusieurs pages et forums spécialisés pour les collectionneurs du monde, dont une page Facebook qui est la plus connue actuellement et qui possède le plus grand nombre d'inscrit (Sale or trade vintage skateboard of the world).

Malgré que ma collection soit mondialement connue dans le milieu, les américains n'ont rien à m'envier. Certains collectionneurs possèdent des collections 2 fois plus grosse que la mienne. Mais disons qu'ils ont beaucoup plus de faciliter à trouver des pièces car le skateboard vient de chez eux. Il n'est donc pas rare de trouver du vintage ou même les nouveautés produites en séries limitées. A l’époque, le skateboard n’est pas distribué en Europe, ca viendra bien plus tard. Pour nous, les collectionneurs européens, il nous est quasi impossible de trouver certaines choses d'époque sur notre sol. La plupart des pièces de ma collection viennent directement du sol américain, dont j'ai fais l'acquisition grâce à des ventes aux enchères. Cela a un coût car en plus du prix de la vente s'ajoute le transport international et parfois les frais de douane. Une board peut vite coûter très chère.
Le marché de la collection est en pleine expansion en Europe, il y a sûrement un effet de mode sur les objets vintage en général mais je pense que cela n'explique pas tout. Nous arrivons aujourd'hui dans une génération "d'anciens skateurs", les premiers skateurs de l'époque, qui sont à la recherche de leurs premières planches de skate non conservées et/ou de leurs premiers souvenirs d'enfance pour certain.
Une bonne chose pour le business et la revente, car très peu de vente se concrétise à l'extérieur de l'Europe. Il faut dire que les américains n'achètent pas ou très rarement aux européens car ils possèdent déjà tout dans leur pays et s'économisent donc sur les frais d'importation. Actuellement les collectionneurs européens ont du mal à revendre avec une plus value car il n'y a pas la même demande et ni le même pouvoir d’achat. Comme on dit, s'applique l'offre à la demande!

Avoir une collection privée comme la mienne me coûte de l'argent bien sûr mais d'autant plus en énergie. Je suis toujours à la recherche de la pièce rare et cela se traduit par des heures et des heures de recherche quotidienne sur les nombreuses pages internet, les sites de petites annonces, les enchères, les forums spécialisés... Je sillonne aussi les brocantes et les vides greniers aussi bien en France qu’à travers le monde.
Énormément de personnes du monde entier suivent ma collection via les réseaux sociaux mais ça serait encore mieux de pouvoir les accueillir afin de la présenter dans un lieu structuré.

Mon projet serait d'ouvrir ma collection au public, ouvrir mon propre musée du skateboard en France.

Dimitri Jourdan

The DiSturb HouSe MuSeum France
Archivist & Collector skateboard, Photographer

https://www.facebook.com/thedisturbhousemuseum
https://www.instagram.com/thedisturbhousemuseum/

Commentaires

Nathalie perouze
02/09/19

France
Lyon

Bonjour
mon fils est un très fan de skate, pratique beaucoup sur lyon. C'est bientôt son anniversaire, le samedi 28/09, (17 ans) et je voulais réfléchir à un cadeau original, sur Lyon auquel il ne s'attendrait pas. J'ai un budget d'environ 50 euros. Je pensais par ex à un temps de repas avec vous au milieu des planches. Je sais pas si votre projet a abouti de café/musée, mais si c'est pas le cas, une version privée, chez vous, où il pourrait vous poser des questions
Ouvertes à différentes idées, si elles sont originales et en lien avec la passion (visiblement dévorante) du skate !
mon num 06 38 49 64 06
nathalie

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